ITW // PABLO GERARDO CAMACHO (VE)

On vous présente aujourd’hui le travail de l’illustrateur vénézuélien Pablo Gerardo Camacho. Ses illustrations digitales dépeignent des univers sombres, dans lesquels se mélangent plantes, animaux, bouches, yeux, longs ongles, cigarettes. Une espèce de représentation de nos différentes facettes et de notre nature sauvage et animale.

Son style, unique, interpelle. Nous avions envie d’en savoir plus, nous lui avons donc posé quelques questions:

Hola Pablo! Qui es-tu? Peux-tu te présenter en quelques lignes?

Je m’appelle Pablo Gerardo Camacho, un créatif graphique originaire de Caracas, au Venezuela. Je vis actuellement à Bogotá, en Colombie.

Comment es-tu arrivé à l’illustration?

Enfant, j’adorais accompagner mon père le soir et dessiner pendant que lui faisait ses comptes ou des croquis d’architecture. J’ai toujours eu accès à plein de marqueurs, couleurs, papiers avec lesquels je pouvais m’amuser. Une fois que j’ai commencé mes études de communication visuelle, j’ai rencontré plein de gens super talentueux (élèves et professeurs) et me suis davantage intéressé à l’illustration.

Comment définirais-tu ton style? Comment ce dernier a-t-il évolué au cours des années?

Mon style est un amalgame de choses qui retiennent mon attention, c’est le résultat d’un mélange de styles dont je me suis inspiré et que je me suis réapproprié. Tout ce que je dessine contient de nombreuses références graphiques, de poésie, de films, de musique, d’expériences, etc. Je définirais mon travail comme de l’art pop surréaliste.

La figure du serpent est quasiment omniprésente dans tes dernières illustrations… Qu’est-ce qu’elle représente?

Mon signe astrologique chinois est le serpent. Je ne sais pas si cela à quelque chose à voir mais j’aime à penser que si. Depuis toujours, ma mère me met en garde au sujet des couleuvres: ne pas marcher dans les herbes hautes, ne pas aller dans la montagne, etc. C’est une phobie qu’elle a depuis qu’elle est toute petite et qu’elle m’a transmise. A Caracas, il y a beaucoup d’herbes et d’espaces verts et je n’ai jamais vu un seul serpent! J’ai toujours craint quelque chose que je ne connaissais même pas! En grandissant et en me documentant sur eux, ils ont commencé à me fasciner. Je les trouve sublimes. Dangereux, bien sûr, mais comme toutes les meilleures chose de la vie.

Que crois-tu que les gens pensent quand ils voient tes œuvres? Et qu’aimerais-tu qu’ils pensent?

Ceux qui aiment mes œuvres y voient un signe de rébellion, de beauté féminine brute. Je crois qu’il y a beaucoup de références qui les attirent dans un seul dessin.  J’aime l’idée qu’ils arrivent à déceler plusieurs messages différents dans une même pièce. Que les gens s’inventent des récits divers, en fonction d’ où leur regard se pose.

Quelles sont tes sources d’inspiration? Quels sont les artistes que tu admires et pourquoi?

Ma principale source d’inspiration est le travail de mes collègues et amis. Stefano Di Cristofaro a une expression très libre, très sincère et on sent le plaisir qu’il prend à chaque trait qu’il dessine. Mandy Anselmo a une technique qui a évolué d’une manière incroyable, un talent inné que j’admire beaucoup. Je m’inspire aussi beaucoup de la culture japonaise. Comme par exemple, l’imaginaire d’Akira Kurosawa qui mélange sentiments avec composition afin de générer des atmosphères et des expressions uniques. Ma source d’inspiration est toute la beauté, le grotesque, beau et étrange que j’arrive à observer au jour le jour.

Un projet (artistique et/ou personnel) que tu rêverais de réaliser?

Je me considère vraiment chanceux d’avoir participé à des projets qui m’ont enchanté et reboosté. Dernièrement, j’ai imaginé faire partie de ces artistes incroyables du festival Pow! Wow!. Pour être honnête, je ne sais même pas comment me servir d’un pinceau pour faire un mural mais c’est justement pour cela que c’est un challenge. C’est une compétence que je n’ai pas encore mais que je vais essayer d’acquérir dans un futur proche.

Si tu devais choisir un morceau pour représenter ton univers pictural, lequel choisirais-tu?

Ouh, question difficile! Je pense que ce serait “Little Dark Age” de MGMT.

As-tu une devise? Un MOTTO ?

Toujours arroser tes plantes le samedi soir, pas d’excuses.

Allez vite faire un tour sur la galerie Instagram de Pablo Gerardo Camacho, un véritable régal!