ITW // PABLITO ZAGO (FR)

Artiste pluridisciplinaire, Pablito Zago oscille entre le street art, l’illustration, le graphisme (au sein de son agence L’Artistik Kommando), la peinture ainsi que la musique. Il aime à explorer toutes sortes de supports allant des murs en ville à la toile en galerie, en passant par la planche de skateboard.

Son style, qu’il décrit lui-même comme de “l’illustration pour grands enfants névrosés” est, en effet, très ludique, naïf, enfantin. Ses compositions regorgent de persos et de formes ultra-colorés. Il y a toujours dans ses œuvres, une prédominance de couleurs “flashy” contenues par un jeu de lignes graphiques et de courbes au trait marqué.

Son inspiration, il la puise un peu partout: dans les actualités, dans la bande dessinée américaine, dans les masques de cultures traditionnelles et, aussi, dans ses séjours à l’étranger qu’il retranscrit sous forme de carnet de voyage.

Nous avons eu la chance de pouvoir échanger avec Pablito Zago afin d’en savoir plus sur son métier et sa manière de travailler:

Bonjour Pablo! Peux-tu te présenter en quelques lignes?

J’habite dans le sud de la France, à Avignon. Je suis peintre et illustrateur, mais la mode veut que l’on dise que je suis “street artiste“. Pour moi les murs ne sont qu’un médium de plus car je peins sur tous les supports.
Je ne vis plus que grâce au dessin, à travers des commandes de fresques, des toiles pour des galeries ainsi que des commandes d’illustrations.
A côté de la peinture, je suis un passionné de musiques. J’ai longtemps officié dans différents projets (MC dans plusieurs groupes, DJ, organisateur). Le dessin et la musique sont deux choses dont je ne peux me passer quotidiennement.

Pablito Zago…est-ce ton vrai nom ou est-ce un nom d’artiste?

Mon vrai nom d’artiste (lol)

Quand as-tu commencé à dessiner et qu’est-ce qui t’a amené à l’illustration?

J’ai toujours dessiné, il y avait une sorte d’évidence. J’ai eu cette passion très tôt. J’ai orienté assez vite mes études vers l’art, le graphisme et l’histoire de l’art. En parallèle, j’ai rapidement réalisé des toiles pour exposer mon travail.
En ce qui concerne l’illustration, je pense y être venu en raison de ma passion pour la bande dessinée. Au début les classiques, mais je me suis rapidement tourné vers la BD indépendante américaine dont les traits et les thématiques ont fortement résonné en moi (sexe, mal être, folie, surréalisme, etc).

Comment as-tu découvert le graffiti/street art?

Ma pratique du graffiti est venue plus tard. Mais j’ai rapidement accroché avec la culture graffiti. Gamin, j’étais fan. J’étais sûrement un des premiers à tagger dans ma ville à l’époque, mais étrangement, je m’en suis écarté immédiatement. Je pense que j’étais plus intéressé par le dessin et le côté introspectif de dessiner à la maison. J’ai donc abandonné les bombes pendant longtemps mais plus tard, avec un collectif dans lequel j’officiais à la programmation, nous faisions venir des artistes de graffiti sur nos festivals. J’ai vu les gars taffer, j’ai eu envie de faire la même chose mais avec mon style. Une semaine après j’achetais des sprays… et depuis je n’ai jamais arrêté.

Comment définirais-tu ton style?

Difficile à dire, je pense que c’est difficile de se décrire soit même… mais j’ai l’habitude de dire que c’est de “l’illustration pour grands enfants névrosés”. Je jongle entre des représentations enfantines (traits, couleurs) et des thématiques abordées qui sont plus adultes, plus tordues, plus proches de mes névroses.

J’ai lu que tu avais pas mal voyagé. Quel voyage t’a le plus marqué?

Tous mes voyages m’ont marqués. Mais il est vrai que j’ai eu la chance de partir au Mexique quand j’avais 17 ans. J’étudiais l’art à cette époque et je crois que tout ce que j’ai vu m’a énormément inspiré. C’est là que j’ai vu mes premiers masques, les masques font partie de ma culture graphique, voire philosophique… le masque c’est ce qui nous cache, ce qui peut nous rendre plus beau ou effrayer les autres… on porte des masques tous les jours. C’est quelque chose qui se retrouve souvent dans mes personnages.
Je pense aussi que j’ai puisé dans mes voyages pas mal de choses au niveau des couleurs.

Dans quelle mesure les voyages nourrissent ton art?

Je suis une éponge, je me nourris de tout ce que je vois. Du coup, c’est une autre de mes casquettes, mais je réalise depuis 20 ans des carnets de voyages sur les pays que je visite, dans un style un peu différent de mes peintures murales. Du coup mes voyages nourrissent mon art, et vice versa.

Tu es à la fois illustrateur, graphiste, muraliste: peux-tu nous expliquer le rapport que tu entretiens avec ces disciplines? Y en a-t-il une que tu affectionnes plus que les autres?

Non, je n’ai pas de discipline que j’affectionne plus qu’une autre. Je suis quelqu’un qui n’aime pas faire tout le temps la même chose. Avoir plusieurs disciplines me permet de ne pas m’ennuyer. J’aime passer de l’une à l’autre.
Pour moi, tout est lié. Chaque discipline nourrit l’autre. Maintenant le graphisme est passé en second plan car la peinture occupe la plus large place, et j’en suis très heureux.

Où puises-tu ton inspiration?

Je la puise partout.
Mais même si ce n’est pas une évidence à la lecture de mes œuvres, je m’inspire beaucoup des informations, de ce qui se passe dans le monde. Mais je ne le retranscris pas tel quel, tout ça passe à la moulinette de mon cerveau, et ressort digéré. De toute façon, j’aime que les gens se racontent leur propres histoires en regardant mon travail.

Comment élabores-tu chaque nouvelle pièce/composition?

Je pense que l’idée d’improvisation est importante. En tout cas dans la première étape de recherche. Je me laisse aller, j’aime défendre l’idée « d’écriture automatique ». Une fois posée sur le papier, j’attaque une étape plus graphique, plus précise mais il est rare que je suive jusqu’au bout un croquis. J’aime les accidents, les doutes. Que ce soit sur un mur ou sur une toile, cette technique de travail semi-composée est la même.

As-tu une devise, un motto à partager?

Fais-toi plaisir !!!!

Et c’est exactement ce que ses différentes œuvres nous procurent: beaucoup de plaisir!

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