ITW // MOUSE (BG)

MOUSE est une artiste qui étale son art principalement sur les murs de la petite ville balnéaire de Varna, en Bulgarie. Dans ses fresques aux couleurs vives apparaît toute une batterie de personnages dont les plus récurrents sont ceux de la pastèque et de la souris, en référence à son nom de tag.

MOUSE a gentiment accepté de répondre à quelques questions pour NOSHi. Elle nous explique son arrivée dans le monde du graffiti, sa fascination pour la pastèque et nous parle de la scène street art en Bulgarie.

Peux-tu te présenter en quelques lignes?

Je m’appelle Viktoria Georgieva aka MOUSE. Je suis née en 1989 à Isperih, une petite ville de Bulgarie. J’ai étudié les Beaux-Arts à l’Université St Cyril et Methodius à Veliko Tarnovo, en Bulgarie toujours.  J’ai aussi fait un Erasmus à Cuenca, en Espagne.
Je suis une artiste visuelle contemporaine: je travaille dans le domaine du street art, des fresques murales, du dessin, de l’illustration et des installations.

D’où vient ton surnom “Mouse”?

C’est une vieille histoire. Cela vient de ma première histoire d’amour. Mon copain de l’époque était très impliqué dans la culture du graff et c’est lui qui m’a poussé à peindre. J’avais 15 ans à l’époque. Il m’avait surnommé “Mousy”. Alors quand j’ai dû choisir un nom de tag, c’est venu assez naturellement. J’aimais bien la consonance du mot et le lettrage. Du coup, j’ai signé mon premier graff “MOUSE”.

D’où te vient cette fascination pour les pastèques?

Cela aussi c’est une vieille histoire! Cela vient de mon enfance, quand j’avais environ 4-5 ans. Le village d’Isperih dans lequel j’ai grandi est situé en pleine nature. Mes grands-parents étaient agriculteurs. On avait toujours des fruits et légumes frais à la maison! Tous les étés, je jouais dehors dans les champs remplis de pastèques. J’adorais en manger, les couper, les évider, les sculpter… Je m’amusais beaucoup! C’est de là que vient ma fascination pour ce fruit représentant, pour moi, le “jus frais” de la vie!

Comment en es-tu arrivé à peindre des muraux?

J’ai commencé le graffiti à l’âge de 15 ans. On avait juste un peu de peinture, on avait pas assez d’argent pour s’acheter des bombes. On utilisait davantage les pinceaux à cette époque. J’ai commencé à peindre avec d’autres personnes, cela me permettait de faire des plus grandes pièces. A côté, je continuais à peindre, dessiner, faire des stencils, des autocollants, je touchais à tout! Ce qui est normal à cet âge-là et dans ce mouvement-là.  Je continue à travailler sur des grandes surfaces, en peignant beaucoup, en participant à des événements, et j’ai de plus en plus de travaux de commande. C’est là tout le secret: peindre, encore, et encore, afin d’acquérir plus de pratique!

Quelle est la pièce que tu apprécies le plus?

Pour être honnête, rare sont mes pièces qui me plaisent! Chaque fois, j’essaye d’ajouter quelque chose de neuf, d’expérimenter, d’essayer de trouver un meilleur moyen pour m’exprimer.
Pour chaque œuvre, je peux trouver quelque chose de positif et, à chaque fois, quelque chose à améliorer. Mais j’ai eu beaucoup de chance de collaborer avec d’autres artistes (et amis) géniaux, et j’adore ça!

Je suis contente du mur que j’ai réalisé dans la ville de Gabrovo, en Bulgarie. C’est un mur qui se trouve dans le jardin d’une crèche. C’est une de mes plus grandes réalisations. J’y ai combiné beaucoup de mes personnages et beaucoup de détails. Je dois dire que je suis assez satisfaite du résultat!

Il y a aussi un mur que j’ai peint dans un centre de réfugiés à Harmanli il y a quelques années.

Je citerais également le travail réalisé l’automne passé à Sofia pour le projet ГРАФФОПОСТ avec Visionary Foundation. Avec leur support, on a pu faire une chouette vidéo du processus de création.

Et puis l’été passé, j’étais à Dresden, en Allemagne, pour participer à un projet collaboratif mis en place par le street artiste Jens Besser. On a fait vraiment du bon boulot tous ensemble!

Quel est ton meilleur souvenir de peinture?

Wow, Il y en a vraiment énormément! J’ai eu la chance de voyager beaucoup, de rencontrer et de collaborer avec des gens supers et du monde entier!
Avec mon ami NikkaWhy, on a fondé un duo artistique nommé SUNSHINERS. Je travaille aussi avec mon ami Aleksi Ivanov sous le nom de FAMOU.
Il y a tant de beaux souvenirs qui me viennent en tête avec cette question!

Peux-tu nous dire quelle est la situation de la scène street art en Bulgarie? Et à Varna? 

Et bien… cela pourrait être bien mieux! On aurait bien besoin de gens plus ouverts et plus respectueux.
A Varna, il n’y a pas beaucoup de monde mais les gens qui sont encore là font des choses chouettes et innovantes!
C’est dommage mais beaucoup de mes amis ont déménagé pour des plus grandes villes ou à l’étranger. Aujourd’hui, je n’ai plus grand monde avec qui collaborer donc je me concentre plus sur mes propres projets : expositions futures, voyages, workshops avec les enfants…
En règle générale, la scène street art à Varna est assez pauvre.

Est-ce que tu peux nous dire quel morceau reflèterait le mieux ton univers pictural?
J’adore la musique! J’aime aller à des fêtes electros pour dancer et sentir la “vibe”.
Quand je peints dans mon studio, j’écoute du trip hop, du dubstep…

“Massive attack – Karma Coma”
<3

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