ITW // MAGALI BRUEDER

Les illustrations de Magali Brueder, ce sont d’abord une invitation au voyage. Au vu de ses dessins, l’envie nous prend d’enfourcher une vieille bécane et de prendre le large vers des destinations inconnues, le tout accompagné d’une bonne playlist. Déjà, rien que pour cela, on l’adore!

Réalisées pour la plupart à l’aide de feutres à alcool, ces derniers confèrent à ses illustrations un côté naïf. Elles semblent comme sorties d’un songe. Ses paysages sont soit réalisés sur place (quand les conditions le permettent), soit réalisés d’après des clichés. L’usage de couleurs douces et chaleureuses fait qu’on se sent incroyablement bien dans l’univers de Magali Brueder!

Magali Brueder a gentiment accepté de répondre à quelques questions qui nous brûlaient les lèvres, voici le résultat de notre entretien.

Tu as étudié la communication graphique à Strasbourg, qu’est-ce qui t’a poussé à suivre ces études-là?

J’ai commencé mes études dans une école de graphisme à Paris. Le choix était assez intuitif car je n’y connaissais rien au fonctionnement des écoles d’arts ni même aux métiers qui en découlaient. Mais il était évident que c’était la seule chose que je voulais faire. Pour le coup je n’ai jamais eu besoin de réfléchir à ce que je voulais devenir plus tard! À Strasbourg, l’école est grande et les enseignements très variés, ce qui pousse aussi à s’ouvrir à d’autres formes de créations. Ça a été de très belles années d’études, parfois difficiles mais tellement enrichissantes autant artistiquement que humainement.

Tu es à la fois graphiste, illustratrice et photographe. Peux-tu nous expliquer le rapport que tu entretiens avec chacune de ces trois disciplines?

Je me considère vraiment comme graphiste, car ça englobe un regard et un sens de la composition qui ensuite s’adapte aux autres disciplines. Le dessin est pour moi une nécessité que je mets volontiers au service d’une commande d’illustration. Il peut nourrir aussi un travail graphique comme une affiche ou un logo mais pas toujours. Pour la photographie, c’est une démarche plus personnelle liée souvent à des voyages ou des excursions dans des lieux un peu perdus. J’aime le côté contemplatif, et la déambulation qui accompagne la démarche. Je trouve ça dommage que les disciplines soient si séparées et qu’il faille souvent choisir dans quelle « case » être. J’essaye d’éviter ça.

Peux-tu citer quelques artistes que tu admires et nous expliquer pourquoi ils sont importants pour toi?

Il y en a tellement que c’est difficile de choisir. Je pense à Sophie Taeuber-Arp, qui moins connue que son mari (comme souvent malheureusement) est une artiste que j’admire beaucoup. Notamment son travail de recherche de couleurs et composition graphique, qui rappelle parfois celui de Sonia Delaunay. Je pense qu’elle aurait été une grande graphiste à notre époque.
Je peux parler de Nicolas de Staël que j’ai redécouvert, et qui m’inspire beaucoup dans sa recherche de l’abstraction à la frontière de la figuration dans ses paysages.
J’admire également tous les graphistes/artistes hyper-productifs qui se renouvellent sans cesse comme Paul Cox, ou plus récemment Braulio Amado qui m’impressionne chaque fois avec ses nouvelles affiches toujours plus belles.

Quels éléments de la vie quotidienne t’inspirent?

En tant qu’habitante d’une grande ville, je dirais tous les éléments graphiques dans l’espace public. De l’ancienne enseigne un peu ringarde à la couleur d’une porte ou a une tâche d’essence qui créer un joli dégradé. C’est pas très écolo mais c’est vrai! Sans oublier ma passion pour les habillages de camions. Mais récemment j’ai déménagé près d’un grand parc, et je peux pas m’empêcher de photographier la lumière sur la végétation ou un beau coucher de soleil. Ça peut aussi me servir pour dessiner plus tard.

Parmi toutes tes réalisations, y a-t-il un projet qui te tient plus à cœur que les autres? Peux-tu nous dire pourquoi?

Il y a mon livre “Un petit coin de paradis”, édité et imprimé en risographie par Fidèle Éditions qui regroupe une série de dessins fait aux feutres à alcool. C’est l’achèvement de deux ans de dessins réalisés au sortir de l’école pendant mon temps libre. Le processus de création du livre a été enrichissant car j’ai pu concevoir le graphisme de l’objet, ce qui me tient particulièrement à cœur. Pour la fabrication, j’ai été en étroite collaboration avec le studio Fidèle dans leur atelier de risographie aux Grands Voisins afin d’avoir un regard sur les couleurs et rééquilibrer mes fichiers au besoin. J’aime le fait qu’il y ait un aspect artistique mais aussi plus technique.

Quel conseil donnerais-tu à un artiste qui débute? Ou un conseil que l’on t’a donné et qui t’aide au quotidien?

Je ne sais pas si j’ai encore assez de recul pour donner des bons conseils car j’ai l’impression d’en avoir encore besoin moi même. Mais je pourrais dire que chaque chose produite, chaque travail effectué, même s’il il parait vain sur le moment finira toujours par porter ses fruits. Je conseillerais de ne pas perdre la confiance en soi et en son talent, de prendre du recul sur les situations et garder la tête froide. En clair, ne pas se décourager et penser son activité comme un combat, pacifique mais vaillant 😉

Outre ses talents d’illustratrice, Magali Brueder livre aussi toute une série de photographies. On adore celle intitulée Deep America, série réalisée lors d’un roadtrip aux Etats-Unis.

Petit bonus: sur son site Trésor graphique, vous trouverez une collection de vieilles affiches que Magali a compilées pour leur caractère à la fois vintage et résolument moderne.

Pour en savoir plus sur le travail de Magali Brueder, courez faire un tour sur son site internet, sur son compte Instagram ou encore sur son Tumblr.

Vous ne serez pas déçus!