HUGH HOLLAND (US)

Nous sommes en 1975, en Californie. Hugh Holland est un jeune homme de 32 ans qui a quitté son Oklahoma natal pour la Cité des Anges. Un jour, alors qu’il remonte le Laurel Canyon Boulevard, il aperçoit sur le bord de la route un attroupement de skateurs. Ces ados aux cheveux longs qui dévalent les fossés de drainage fascinent le jeune Hugh. Il arrête sa voiture et commence à prendre quelques clichés. Peu nombreux sont les les skateurs qui disposent d’un appareil. Ils l’accueillent donc à bras ouverts: Hugh Holland a trouvé son sujet.

Hugh Holland n’a pas de formation académique. Il est autodidacte et exerce la photo à côté de son métier d’antiquaire. Ce n’est qu’après un voyage en Italie en 1968 qu’il décide de s’y mettre sérieusement: il installe une chambre noire chez lui et s’exerce à tirer des portraits dans la rue. Ce qui va le séduire chez les skateurs, outre leur look un peu rock’n’roll, c’est le mouvement qu’induit la discipline. De plus, son travail d’antiquaire ne lui permettant de shooter qu’en fin d’après-midi, les photos de Hugh Holland sont baignées de cette lumière dorée typiquement californienne.

La Californie connaît alors une période de sécheresse intense ainsi qu’une crise financière sans précédent (crise des années 70). Beaucoup de gens des banlieues de Los Angeles se voient forcés d’abandonner leur maison. Beaucoup de piscine se retrouvent vidées et sans surveillance et deviennent très vite des terrains de jeu de rêve pour ces ados en quête de frissons.

Hugh Holland documente alors sans le savoir la genèse du skateboard américain.  Les jeunes qu’il photographie sont les Z-Boys, du nom d’un magasin de planches très populaire de Venice Beach: le Zephyr Surf Shop. Sur ses photos apparaissent notamment Jay Adams et Stacy Peralta, qui deviendront par la suite des grand noms du skateboard américain.

A partir de 1978, Hugh Holland se détache peu à peu du monde du skate, alors en pleine mutation. C’est à cette époque qu’apparaissent les skaterparks et les premières compétitions qui attirent l’attention des sponsors. Ces derniers offrent de grandes sommes aux riders et l’esprit bon enfant disparait peu à peu. L’esprit change et les logos font leur apparition. Cette commercialisation de la discipline éloigne Hugh Holland de son sujet de prédilection, plus attiré par son côté sauvage et rebelle.

Ce n’est qu’en 2006 que les photos de Hugh Holland seront montrées au grand public dans une expo à Los Angeles. Depuis, le photographe a été exposé internationalement et a sorti un recueil intitulé “Locals Only” rassemblant une grande partie de ses images.

Allez vite jeter un œil à son Instagram, son site web et sa page Facebook.