ITW // EMANUELE KABU (IT)

L’italien Emanuele Kabu est un réalisateur d’animation spécialisé dans la confection de clips vidéos. Son style se caractérise par l’usage de forme géométriques et l’emploi de couleurs vives. Emanuele Kabu excelle dans la création de séquences hypnotisantes, dans lesquelles les formes se succèdent et se transforment, sublimant la musique qu’elles illustrent. Son travail fait immanquablement référence au psychédélisme, à l’art abstrait et au minimalisme.
Et le résultat est captivant, totalement jouissif!

Nous avions envie d’en savoir plus sur Emanuele Kabu. Nous lui avons donc posé quelques questions afin de savoir qui se cache derrière ces images hallucinantes.

Bonjour Emanuele! Qui es-tu? Peux-tu te présenter brièvement?

Salut! Je m’appelle Emanuele Kabu, je suis un réalisateur et un animateur autodidacte. J’habite dans une petite ville des Dolomites qui s’appelle Belluno, au nord de l’Italie.

Qu’est-ce qui t’a amené à faire de l’animation?

Je ne me suis jamais dit: “Tiens, je vais être animateur”! L’animation est apparue progressivement dans ma vie et s’est finalement imposée à moi. Je faisais tout à fait autre chose jusqu’au jour où j’ai décidé de créer mes propres animations. Au début des années ’90, j’ai découvert ce qu’on appelle Demoscene et ça a été un gros coup de cœur. J’ai aussi adoré la vidéoPanic” de Future Crew (groupe de codeurs et d’artistes finlandais ayant réalisé des demos et des logiciels sur PC). Je l’ai regardé en boucle.

Ça m’a donné envie de faire quelques essais avec les softwares existants à l’époque . Mais le résultat n’était pas extraordinaire, alors j’ai arrêté. Cela dit, je pense que ma passion pour le son et les arts visuels a réellement démarré à ce moment-là. En 2001, un ami était en train d’expérimenter la stop motion. J’étais alors plongé dans le dessin et le graff mais j’avais envie de faire quelque chose de semblable, juste comme ça, pour le plaisir. Comme je me débrouillais pas mal avec l’informatique, j’ai commencé à faire des petits persos en 2D un peu moches. Ça a été mon premier film. La vidéo était bien mais je n’étais pas tout à fait satisfait du résultat. Du coup, j’en ai fait une autre et ainsi de suite. Je ne me suis plus jamais arrêté.

Où puises-tu ton inspiration ?

Pour réaliser un clip, l‘idée vient toujours de l’artiste ou du groupe à l’origine de la chanson. Ma mission est ensuite de creuser cette idée, de la modeler et de la filtrer avec mes yeux. Puis, je l’adapte sous forme de clip. C’est pour ça qu’il est primordial pour moi de parler directement avec les artistes. Malheureusement, ce n’est pas toujours évident.

Pour mon travail perso, ce qui m’inspire ce sont les formes simples et abstraites, les motifs et les paysages, ainsi que de petites choses du quotidien que je peux transformer en loop de 4 secondes ou en une courte vidéo.

Tu réalises essentiellement des clips vidéos. Pourquoi la musique est-elle aussi intrinsèquement liée à ton travail?

J’adore la musique. J’en écoute tout le temps et j’en ai même joué pendant quelques années. C’est probablement la forme d’art qui me parle le plus. Sans doute pour l’absence d’image, justement. Je peux m’imaginer des tonnes de films en écoutant mes disques préférés.

J’ai commencé à réaliser des clips en 2006. J’habitais à Bologne et un de mes colocataires jouait dans un groupe. Il savait que je faisais un peu d’animation et avait déjà vu ce que je faisais. Il m’a donc demandé si je pouvais leur faire un clip. Je l’ai fait et c’était cool! Voilà ce que ça a donné: lien. Après cette vidéo, j’ai eu d’autres demandes. Petit à petit, ce qui était mon hobby est devenu mon job à temps plein. Et j’adore toujours ça!

Y a-t-il un morceau que tu rêverais de mettre en image?

Je pense qu’il y a des chansons avec des histoires plus intéressantes que d’autres. Ce sont celles-là qui attirent davantage mon attention car elles sont plus inspirantes, tout simplement.

J’ai lu que tu avais fait du graff. Est-ce que tu peins encore? Comment le graff a-t-il influencé ton travail? 

J’ai arrêté le graffiti au début des années 2000. Je peignais surtout des trains. J’ai eu quelques problèmes avec la police et c’est devenu plus stressant qu’amusant.  Du coup, j’ai décidé d’arrêter. Mais le graff a eu un énorme impact sur mon travail, ainsi que tous les gens merveilleux que j’ai rencontré par ce biais-là. Je n’ai pas fait d’école d’art. Pour moi, le graff était un bon moyen d’apprendre le travail de composition et d’aborder l’usage des couleurs. En plus, le fait de faire cela illégalement était une grande leçon: tu dois constamment t’adapter. Parfois, tu rates un peu ton esquisse parce qu’il fait trop noir. Il faut savoir improviser. Et puis il faut aller vite car tu n’as pas beaucoup de temps. J’ai appris énormément de tout cela.

Qu’aimes-tu faire quand tu n’es pas en train de travailler?

J’aime faire de grandes balades et écoutant de nouveaux morceaux.

Quel(s) artiste(s) admires-tu ? Et pourquoi?

Il y en a tellement, et pour tellement de raisons différentes! Mais dernièrement, je suis littéralement tombé sous le charme de l’œuvre de Nicholas Bertini. C’est un gars incroyable et je recommande à tout le monde de jeter un œil à son travail.

Y a-t-il un rêve que tu aimerais exaucer?

J’aimerais faire Belluno-Londres à pied. Selon Google Maps, cela devrait prendre 265 heures 🙂 Cela me plairait bien.

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