Né à New-York, Donato di Camillo est un artiste au parcours atypique. Enfant d’immigrés italiens, Donato di Camillo connaît une enfance difficile et peine à contenir son agressivité. Il se voit exclure de l’école à l’âge de 16 ans pour faits de violence et passe de foyers en maisons de correction.

En 2006, il est placé dans une maison d’arrêt pendant deux ans avant de purger sa peine de 36 mois à la prison de Petersburg, en Virginie. C’est à ce moment-là qu’il s’intéresse à la photographie, dévorant le Time Magazine, LIFE  et le National Geographic. Il lit aussi des ouvrages de psychologie et réalise qu’il dispose d’atouts pour approcher des personnes au profil très différent et un peu en marge. Sur cette période de sa vie, di Camillo raconte: “C’est la meilleure chose qui me soit arrivée. Cela m’a permis de découvrir qui j’étais vraiment.”

Il obtient sa libération en 2012 mais est encore assigné à résidence pendant trois ans. Pendant cette période de probation, il apprend à se servir d’un appareil, prenant en photo ce qu’il trouve dans son appartement: plantes, insectes, oiseaux, lumières. Lorsqu’il recouvre enfin sa totale liberté, Donato di Camillo tourne son objectif vers les gens. Il arpente les rues de New-York et capture leur essence, en focalisant son attention sur les marginaux, les laissés-pour-compte. On dit que pour faire un beau portrait, il faut connaître son sujet. Et cela tombe bien car cette Amérique des exclus, di Camillo la connaît comme sa poche.

Dans cet article, nous avons décidé de nous centrer sur une de ses séries en particulier: Beach Body Bingo. Cette série est le résultat des errances de di Camillo sur la plage populaire de Coney Island, à Brooklyn. “Beach Body Bingo n’a jamais été un projet défini. Celui-ci a pris forme par lui-même après avoir effectué quelques clichés intéressants à la plage de Coney Island.

En tant que photographe, je ressens une certaine urgence à réaliser des clichés rassemblant des gens de tous horizons, vivant en harmonie dans un endroit défini. Et quel meilleur endroit pour ce faire que la plage? Cela me semble primordial, surtout en ces temps difficiles. En tant que nation, nous sommes confrontés à d’affreuses réalités allant du terrorisme à la politique en passant par les problèmes de racisme, entre autres. Pour moi, il s’agit d’une manière de voir la vie d’un autre œil, en lui ajoutant une touche de couleurs.

On lui reconnaît une certaine parenté avec des photographes comme Martin Parr, Diane Arbus, William Klein ou encore Bruce Gilden. Lors d’une rencontre avec ce dernier dans les rues de NYC, le photographe lui donne un conseil qu’il se plaît à remémorer: “Photographie ce que tu connais et sois toi-même. Prends par-ci par-là ce qui t’intéresse chez d’autres photographes pour définir ton propre style”.

… pari réussi!

On vous conseille une visite du site de l’artiste. N’hésitez pas à le suivre sur Instagram ainsi que sur Facebook.