DIANA BELTRÁN HERRERA (CO)

Artiste colombienne, Diana Beltrán Herrera a choisi le papier comme instrument de travail. Entre ses doigts, le papier est méticuleusement plié, courbé, agencé et peint de manière à créer des sculptures incroyablement réalistes.

Ce choix de matériau s’est fait un peu par hasard: c’est durant ses études en design industriel à Bogota qu’elle découvre le potentiel qu’offre le papier: économique, elle peut lui faire prendre des formes variées, les erreurs se corrigent facilement et il possède, en plus, une large palette de textures, de grammage et de couleurs.

Elle se tourne ensuite vers des études aux Beaux-Arts et sort diplômée de la University of West England, à Bristol, où elle réside actuellement. Devenue une référence dans son domaine, Diana Beltrán Herrera collabore aujourd’hui avec les plus grandes marques (Vogue, Primark, Greenpeace, Telegraph, David Morris,…) et expose son travail dans le monde entier.

Ses sujets de prédilection?

Grande amatrice de nature, Diana Beltrán Herrera s’est penché spécialement sur les oiseaux lors d’un séjour en Finlande. Habituée au brouhaha d’une grande ville comme Bogota, elle se rend compte de l’omniprésente de la faune et la flore finlandaise, présente même en milieu urbain. Il s’agit, pour elle, d’une révélation et, à partir de se moment-là, naît une véritable fascination pour les volatiles. Si elle les représente seuls sur fond uni dans un premier temps, elle les accompagne peu à peu d’éléments décoratifs: plantes, branches, fleurs viennent agrémenter le cadre.

Sa manière de travailler ?

La première phase de travail consiste en une recherche intense de documentation sur le sujet choisi. Pour ses oiseaux, Betrán collecte des images de l’animal sous diverses positions, décompose ses mouvements, recherche ses dimensions exactes ainsi que la teinte de son plumage. Elle réalise ensuite plusieurs croquis sur son ordinateur pour définir la posture finale et aussi pouvoir estimer le nombre de plumes à prévoir. Plumes qu’elle imprime ensuite sur le papier de son choix. Cette étape lui prend environ une semaine.

Vient ensuite la préparation de la sculpture et plusieurs sessions de découpage: chaque plume et autre éléments sont découpés à la main et à l’emporte-pièce. Une fois tous les morceaux rassemblés, Beltrán s’attaque à la réalisation d’une armature, en papier toujours, sur laquelle elle vient coller les différentes composantes. Les pattes sont généralement réalisées avec du fil de fer. Cela lui prend, en moyenne, quatre jours pour réaliser un oiseau.

En mettant ainsi en scène l’incroyable biodiversité de ces différentes espèces d’oiseaux (allant du colibri jusqu’au moineau, et passant par le pic vert), Diana Beltrá Herrera rappelle à son public la richesse de notre petite planète. Une richesse qui tendra à disparaître si la politique environnementale ne change pas radicalement.

Mais le travail d’Herrera ne pointe aucun doigt accusateur ou moralisateur. Au contraire, il se veut inspirant et consiste à transmettre un message: préservons la nature afin de pouvoir observer ces magnifiques oiseaux en chair et en plumes sans avoir besoin de sculptures en papier pour nous rappeler ce qui n’est plus. La délicatesse du papier sert à appuyer ce message: il s’agit d’un équilibre fragile à maintenir, fragile comme le papier.

Herrera a pour habitude de ne jamais refuser un projet pour sa complexité de réalisation: pour elle, il n’y a rien qui ne peut être résolu avec le papier. Ce gout du challenge est sans doute ce qui lui a permis d’acquérir un tel degré de réalisme et de perfection.

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