ITW // DAIS (DK)

Illusions d’optique, distorsions, stop motion, anamorphisme… le graffeur danois DAIS jongle avec les quatre lettres de son nom avec une ingéniosité déconcertante. Partant du principe que le graffiti est désormais plus visible en ligne que dans la rue, DAIS s’amuse avec les différentes techniques et déborde d’inventivité afin d’allier graffiti et numérique.

A l’instar d’autres street artistes (on pense notamment à Insa ou BLU), les peintures murales de DAIS ne prennent vie que lorsqu’elles sont mises sur la toile. Ses lettres en voient de toutes les couleurs (littéralement): sous les sprays d’aérosol de l’artiste, elles s’allument, rebondissent, se transforment, s’évaporent… Les procédés visuels sont nombreux et impressionnants.

Nous avons envoyé à DAIS quelques questions sur ses réalisations et sa manière de procéder:

Bonjour DAIS! Peux-tu te présenter en quelques lignes?

Je m’appelle DAIS. J’habite à Copenhage, au Danemark. J’ai commencé à peindre comme tout le monde, dans la rue, en 1988.  J’adore la diversité des styles qu’offre le graffiti. Je me documente beaucoup et sur tous les styles. Personnellement, je trouve cela difficile de se limiter à un style déterminé. J’ai toujours aimé pousser les limites. Ce sont les nombreuses amitiés et les différentes écoles qui m’ont influencé.

D’où vient ton nom “DAIS” ?

DAIS sont les quatre lettres contenues au milieu du mot “Dadaïsme”. J’aime la manière dont les dadaïstes se sont imposés sur la scène artistique il y a une centaine d’années, en faisant des choses tout à fait novatrices qui allaient complétement changer la donne.

Comment as-tu découvert le graffiti et comment as-tu commencé à peindre?

Un jour, à l’école, deux de mes amis, Thomas and Fede-Kim (Fat-Kim), étaient en train de lire la bible du graffiti danois : Dansk Wildstyle Graffiti. J’ai jeté un coup d’œil et et j’ai tout de suite été fasciné de voir comme les lignes blanches faisaient ressortir le lettrage des différentes pièces. On a été pris dès ce moment-là.

Comment t’es-tu venu l’idée de mêler animation et graffiti?

J’ai été influencé par la manière dont les graffeurs font usage du numérique de nos jours. Avant, tu étais prêt à marcher pendant une heure le long des voies ferrées pour aller voir une pièce dans un tunnel dont quelqu’un t’avait parlé. Aujourd’hui, c’est assez rare que les gens voient les peintures en vrai. J’ai donc essayé d’inclure ce recours au digital dans mes peintures. Certaines sont ainsi réalisées en stop motion, d’autres sont des peintures anamorphiques. D’autres exploitent encore d’une autre manière l’usage des téléphones portables

Qu’est-ce qui t’inspire? Où vas-tu chercher de nouvelles idées?

Je ne sais pas trop. Je crois que les idées viennent d’elles-même. J’essaye parfois de voir les obstacles comme une source d’inspiration. A Roskilde (festival de musique danois), par exemple, il est difficile de trouver un mur devant lequel n’apparait pas un poteau ou une barrière. J’ai donc fait des peintures en les incluant dans la composition.

Quel est ton plus chouette souvenir de peinture?

Toutes les amitiés que j’ai pu lier dans monde entier sont des souvenirs incroyables. C’est assez unique de se rendre de l’autre côté de la planète pour rendre visite à des gens que tu connais à peine. Et puis, tu te mets à peindre,tu passes un bon moment tout en peignant et ainsi naissent les amitiés et collaborations. 

Et pour ce qui est des challenges techniques, le projet le plus ambitieux pour moi a été le mur de cent mètres de long réalisé au Roskilde Festival 2015. Il s’agissait d’une peinture en stop motion en dix frames pour transformer le mot ROSKILDE en une phrase de neuf mots.

Tu a l’air d’apprécier travailler avec d’autres artistes. Que t’apportent ces différentes collaborations ?

Quand je travaille avec d’autres artistes, j’essaye toujours de penser à la pièce finale comme une seule pièce unique. Et ce, même si tu as une approche différente. Le défi est d’essayer de venir avec une idée qui fasse ressortir le meilleur des deux artistes. Ces différents murs, par exemple, dans un style très différent, sont assez réussis, je trouve:

Peux-tu citer quelques artistes que tu admires? Et nous dire pourquoi?

Hmm… Je ne préfère pas. J’aurais trop peur d’oublier quelqu’un d’important.

Peux-tu nous dire comment est la situation de la scène street art en Norvège?

J’ai seulement été deux fois dans ma vie en Norvège. J’y ai été en hiver, pour skier. Donc non, je n’ai pas trop d’idée de comment est la scène en Norvège 😉

Si tu devais choisir un morceau qui refléterait ton univers visuel, lequel ce serait?

Hmm… C’est assez difficile de résumer tout par un seul morceau. Peut-être Albertslund Terror Korps – Gå med i lunden.

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