CECILE DORMEAU (FR)

Cécile Dormeau est une illustratrice française qui dépeint avec humour le quotidien des femmes ordinaires, loin des standards de beauté imposés par les magazines et les médias. Ses dessins célèbrent la diversité des corps féminins. Petites, grosses, poilues, tatouées, avec vergetures, réglées… toutes sont représentées avec dérision et beaucoup de bienveillance. Car Cécile Dormeau n’a qu’un seul objectif: décomplexer les femmes et les rassurer au sujet de leurs prétendues “imperfections”.

Cécile Dormeau-acnée-you little mother fucker

Cecile Dormeau dessine depuis l’enfance mais c’est vers l’adolescence qu’elle se penche sur la silhouette féminine. Sur la sienne, en l’occurrence. Elle commence à mettre en images ses propres complexes dans une série d’auto-portraits peu reluisants. Par la suite, elles se rend compte que beaucoup de filles dans son entourage partagent les mêmes angoisses au sujet de leur physique.

“Quand j’ai vu à quel point mes amies, mes sœurs se plaignaient tout le temps de ce qui n’allait pas dans leur corps et moi la première, j’ai commencé à illustrer là-dessus. Je m’inspire surtout de femmes autour de moi ! Mes sœurs, mes amies, mais aussi des filles que j’ai croisées dans la rue ou dans le métro, et moi même aussi.”

Côté formation, Cécile Dormeau fait ses études à l’École Estienne de Paris, dont elle sort diplômée en 2011. Elle commence sa carrière à Hambourg et à Berlin dans deux agences de graphisme et de publicité. Elle occupe aussi le poste de directrice artistique junior chez Ogilvy, à Francfort.
Son CDD n’étant pas renouvelé, Cécile Dormeau décide de se lancer dans l’illustration et se met rapidement à son propre compte. Et cela lui réussi plutôt bien car la dessinatrice compte actuellement quelques 230K de followers sur Instagram et collabore avec des marques telles que Google, Anyways, GQ, The Sunday Times, Wetransfer, Durex, der Spiegel Wissen, Neon magazine, ASOS, Emotion magazine…

Mais Cécile Dormeau ne s’arrête pas que sur l’aspect physique des femmes. Elle se penche aussi sur les émotions et dénonce cette “happycratie” relayés en boucle par les réseaux sociaux:

“Avec les réseaux sociaux, on veut montrer une image de soi toujours heureuse, positive et brillante, sans jamais un seul nuage, constate-t-elle. Mais là aussi : c’est normal d’être parfois triste, déprimé ou énervé, et il n’y a pas à se sentir coupable de ça. On ne peut pas toujours tout contrôler, il faut accepter et s’autoriser à aller mal de temps en temps.”

Avec ses dessins à la gloire des femmes et son engagement contre le harcèlement sexuel (elle a notamment réalisé une séquence pour le titre “Balance ton quoi” d’Angèle), Cécile Dormeau est souvent qualifiée de féministe. Un terme avec lequel l’illustratrice ne se sent pas très à l’aise. Pour elle, cette étiquette n’a pas de raison d’être:

J’avais bien aimé la réponse de Maisie Williams (actrice de Game Of Thrones) quand on lui avait demandé si elle se considérait comme féministe. Elle avait répondu : ‘J’ai l’impression qu’on devrait arrêter d’appeler les féministes des ‘féministes’ et, à la place, nommer ceux qui ne le sont pas des ‘sexistes’ – tous les autres sont simplement humains. On est soit une personne normale soit une personne sexiste. Les étiquettes sont pour les mauvaises personnes’. Le féminisme, c’est l’égalité entre les hommes et les femmes alors pourquoi coller une étiquette sur quelque chose de normal.” 

Son Instagram est une véritable pépite! Allez aussi faire un tour sur son Tumblr et sur sa page Facebook. On vous conseille également de visionner ses interventions aux Nicer Tuesdays et à Pictoplasma.